LA PARACHAH (LA PARTIE DE LA SEMAINE) : « NASSO »  (fais faire)

02/06/2017 16:57

LA PARACHAH : « NASSO »  (fais faire)

Shabbat 3 juin 2017 Commentaire de 2011

 

Lectures :

 

Parachah : Bamidbar / Nombres 4 :21 à 7 fin

Haftarah : Shophétiym/Juges 13 :2-25

Bérith Hadachah : Yaïr/Luc 1 :5-25

 

 

Rappel : les commentaires ne sont pas des études, mais des pensées que la lecture de la parachah nous inspire et nous permet, sur une année, de relier les textes de la Torah et des Prophètes aux textes de la Bériyth haHadachah, de l’Alliance renouvelée en Yéshoua.

 

Résumé de la Parachah :

 

La parachah précédente s’achève par la description de la fonction d’une première famille de lévites, les fils de Qéhath. Cette présente parachah énonce les fonctions des deux autres familles de lévites, les fils de Guershon et les fils de Mérariy. Moshéh, Aharon et les chefs de tribus en firent le dénombrement sur l’ordre de YHVH. La suite du texte semble changer de thème en nous replongeant dans quelques règles de pureté de l’assemblée, de mesures contre les actes délictueux, et de démarche étonnante à appliquer en cas de doute sur la fidélité d’une épouse. Une autre prescription dite du naziréat est décrite juste avant qu’une perle de la Torah, la bénédiction des Kohaniym dite aussi d’Aharon, vienne poser un sublime point d’orgue à ces descriptifs quelque peu désorientant par leur nature. Notre parachah s’achève sur une longue et répétitive description des offrandes apportées par les chefs des tribus pour la dédicace du tabernacle - Mishkan. La parachah suivante « Béhaalothékha » débutera par l’arrangement des lampes de la Ménorah.

 

Remarque générale

 

Nous sommes souvent en questionnement face aux textes de certaines parties de la Torah. Les textes se succèdent mais ne semblent pas toujours suivre la même pensée, comme si Moshéh avait écrit un peu « pèle mêle » comme on écrit un brouillon plutôt qu’un texte bien structuré. Remarquons que les textes ne suivent pas systématiquement la chronologie des évènements, mais reprennent parfois certains éléments antécédents pour resituer le contexte de sujets difficiles à présenter autrement. C’est le cas de la présente parachah, à moins d’y regarder de plus près.

 

Pour les spécialistes : la parachah comprend 18 mitsvoth (commandements).

 

Son thème peut être : Ainsi vous bénirez !

 

De la bénédiction des prêtres (birkath kohaniym) à la Ménorah

 

Nombres 6 :22-27 : Le point central de cette parachah est plutôt un sommet, un sommet qui surgit au beau milieu d’une plaine et qui ne peut donc passer inaperçu, ni par sa forme, ni par sa présence presque insolite. Compte tenu de la solennité, de la grandeur, de l’importance de la bénédiction des prêtres, nous l’aurions logiquement imaginée placée à un autre endroit, par exemple après la cérémonie de sacralité des sacrificateurs ! Mais l’ordre de la « logique d’Elohim » n’est pas le nôtre !

 

Ci-après la bénédiction selon la traduction Chouraqui.

 

2

« YHVH parle à Moshéh pour dire : parle à Aharon et à ses fils, dit leur : ainsi vous bénirez les béney Israël. Dis-leur :

 

YHVH te bénit, il te garde. YHVH illumine ses faces vers toi, il te gracie. YHVH porte ses faces vers toi, il met en toi la paix.

 

Ils mettront mon nom sur les béney Israël. Moi, je les bénirai. »

 

Bénédiction sur le tout Israël, placée juste après le texte du « nazir ». Qu’est-ce qu’un nazir ? C’est un individu qui accomplit le vœu de consécration de sa personne à Élohim. Cette personne est pure et sanctifiée, aussi éloignée de l’impureté et autres souillures que peut l’être un sacrificateur. Nous sommes par ce rappel dans un contexte de pureté visant à l’absolu : « vous serez saints car Je suis saint ». C’est ainsi que la bénédiction peut s’entendre, se recevoir, dans la sanctification.

 

Après la bénédiction, le texte répète douze fois la même chose, douze énumérations des offrandes apportées par les douze chefs des tribus d’Israël, c'est-à-dire les représentants du TOUT Israël. Cette suite semble étonnante ! Non, car lorsque le Seigneur nous bénit, Il nous bénit en réalité de nombreuses richesses et chacun en particulier… Le premier de nos actes n’est-il pas la reconnaissance envers notre Père ? C’est ce que firent les chefs d’Israël, leurs dons servirent à la dédicace et au service du tabernacle. Pourquoi est-ce répété douze fois ? Parce que notre Père a Lui aussi de la considération pour chacun d’entre nous en particulier, Il sait qui nous sommes individuellement et comptabilise tout ce que nous faisons.

 

Le début du chapitre 8 semble à nouveau vouloir changer de sujet : il nous parle de l’allumage, de l’arrangement des lampes de la Ménorah dans le tabernacle ; ceci n’a rien à voir a priori avec ce qui précède.

 

Après la bénédiction des prêtres, après la reconnaissance faite par le peuple, la relation du Père vers ses enfants et la relation des enfants vers le Père est établie. N’oublions pas qu’elle l’est par l’intermédiaire du Grand Prêtre (Kohén Gadol) et de ses fils qui bénissent le peuple. Nous savons qui est le Grand Prêtre en Vérité : Yéshoua ; nous savons qui sont ses prêtres : ses disciples. La relation filiale établie, la lumière peut s’élever, briller, dans tout le Temple de son Corps pour illuminer les hommes. Mais quelle relation étroite relie la bénédiction à la Ménorah ? Elle est d’ordre structurel. Analysons-là.

 

Le texte originel de la bénédiction est bien évidemment en hébreu. La structure de la phrase est différente du français. Les traductions, malheureusement, détruisent bien souvent l’organisation de la langue originelle. Si nous reprenons la structure hébraïque tout en restant en français, le texte est : (sens de lecture hébraïque  )

 

 

et IL te garde YHVH IL te bénit ses faces vers toi et IL te gracie YHVH IL Illumine ses faces vers toi et IL met en toi Shalom YHVH IL Porte Mon Nom

 

La relation des personnes est claire : le Père YHVH et toi ; et la relation avec la lumière de la Ménorah se découvre par les 3 phrases dont le Nom « YHVH » est central, et entouré de chacun des cotés par deux verbes !

 

 

 

 

De la même façon qu’Isaïe 11 :2 écrit :

 

« Le Souffle de YHVH reposera sur lui, Souffle de sagesse, d’intelligence. Souffle de conseil, de force, Souffle de connaissance, de frémissement, de YHVH»

 

Isaïe place le Fils prophétisé sur la Ménorah, Il est désigné par le « Toi ». Mais le Fils dira aussi que le « Toi » est chacun d’entre nous.

 

Ainsi l’ordre de notre parachah, considérée à partir du naziréat (chapitre 6) serait : la consécrationla bénédictionla reconnaissancela lumière resplendit.

 

Cette logique d’Eohim s’exprime aussi par les paroles de la nouvelle alliance :

 

« Je vous exhorte donc, frères, par les compassions d’Élohim, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Élohim, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » (Ro. 12:1 NEG)

 

« Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. » (Ro. 12:14 NEG)

 

« Et que la paix du Messie, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez reconnaissants. » (Col. 3:15 NEG)

 

« Je suis la lumière du monde. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt. 5 :16)

 

La femme infidèle ou non (ch 5 : 11-31)

 

Voila bien une règle dont le protocole nous est détestable ! C’est le genre de règle dont se délectent les opposants à la Torah, qui peuvent, sans autre analyse, en dire : voyez cette pratique barbare ! C’est insupportable ! Bien que chaque élément de ce protocole possède une raison justifiable, l’effet de l’ensemble de la sentence reste navrant. En effet, l’épouse - jamais l’époux - devant ainsi se soumettre au jugement des eaux amères, était humiliée, qu’elle soit coupable ou non ! La procédure comportant, en plus de ce que nous rapporte le texte, le dénuement du buste, la mise en désordre de la chevelure et le parcours du tour du sanctuaire à la vue du public et devant YHVH … Tout homme soucieux de l’honneur de son épouse, y compris si elle était coupable, ne pouvait donc la soumettre à une telle ignominie ! Le solliciteur de cette démarche prouvait ainsi qu’il était autant, sinon plus, critiquable que son épouse, si toutefois cette dernière était véritablement coupable ! Il nous apparait évident que cette démarche comportait en elle-même une pédagogie préalable : Puis-je en arriver à cette extrémité ? L’époux solliciteur se retrouvait en cette occasion face à lui-même, à sa conscience.

 

Yosséph, époux fiancé de Miryam, s’aperçoit que sa fiancée est enceinte ! Que fait-il ? « Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. » (Mt. 1:19 NEG)

 

 

C’est ce que tout homme pouvait faire discrètement pour ne pas humilier outre mesure son épouse. Le pardon de l’époux ou de l’épouse envers l’un ou l’autre existe bien aussi dans la mesure de la repentance. Que fit le Seigneur Yéshoua en présence des accusateurs de la femme infidèle ?

 

« Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. (…) Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers ; et Yéshoua resta seul avec la femme qui était là au milieu (…) Yéshoua lui dit : femme, où sont ceux qui t'accusaient ? Personne ne t'a-t-il condamnée ? Elle répondit : Non, Seigneur. Et Yéshoua lui dit : Je ne te condamne pas non plus, va, et ne pèche plus. » (Jean 8 :7-11)

 

Ce type de règle rejoint dans sa « nature », très controversée, les règles dites du talion « œil pour œil, dent pour dent, vie pour vie ». Leur application prise au premier degré et sans intelligence s’avère plus préjudiciable pour la vie que le nécessaire pardon sans laxisme ou l’arrangement de justice dans le respect des intérêts du prochain.

 

Et dans ce cas, il s’agit de l’épouse, de sa propre chair… Bien souvent on compare Israël à une épouse infidèle. Mais alors qu’en est-il de cette « église pseudo-épouse » compromise au monde et de sa relation avec le Messie-Époux ? Grâce soit rendue à notre Père auprès duquel se trouve le pardon sans lequel personne ne peut être sauvé ! C’est ce que les hébreux avaient à apprendre aussi, à travers ces règles bouleversantes : pardonner, pardonner et encore pardonner, mais avec une condition de salut sans laxisme et sans compromis : « va, et ne pèche plus ! »

 

La jalousie indomptée

 

« … et si le mari est saisi d’un esprit de jalousie et a des soupçons sur sa femme, qui s’est souillée, ou bien s’il est saisi d’un esprit de jalousie et a des soupçons sur sa femme, qui ne s’est point souillée… » (No. 5:14 NEG)

 

Esprit de jalousie, textuellement : pris par un vent de colère, envie, jalousie, vent d’ardeur. Ce n’est pas un homme triste, désolé, à qui nous avons affaire, mais à un homme impétueux qui cherche raison, qui cherche vengeance, voire même qui manigance malhonnêtement pour répudier son épouse sans lui rendre sa dot !

 

D’évidence que la femme soit coupable ou non, nous comprenons ici que ce qui est répréhensible c’est de se laisser envahir par un vent de folie (l’homme fou, jaloux, coléreux, ivre est selon la conception des anciens, comme habité, hanté par un mauvais esprit qui n’est pas sa nature propre à lui - Chouraqui Au désert, page73).

 

L’homme, qui se dit serviteur d’Élohim, qui se laisse ainsi emporté par un « vent de folie » dit de jalousie, doit reconsidérer calmement sa réaction. Ce n’est donc pas un hasard de texte si la règle de la jalousie précède juste celle du naziréat ! Cet homme, s’il est repentant, doit se « reprendre » devant Élohim. Réfléchissons un instant sur le fait que le Nazir doit s’interdire de boire ou de manger tout ce qui vient du raisin !

 

L’effet de jalousie, qui impulse des actes inconsidérés, s’étend à des sujets autres que le soupçon d’infidélité conjugale. Il s’étend aussi à tout acte perçu par les uns et les autres d’entre les frères comme une trahison. Réfléchissons aussi à cette éventualité, car elle est fréquente dans les rangs de ceux qui pensent appartenir à « l’épouse ( !) », jusqu’à faire boire les eaux amères et dénuder aux yeux de tous ceux qui seraient soupçonnés de trahison !

 

Jalousie d’homme et jalousie d’Elohim

 

« Oh ! si vous pouviez supporter de ma part un peu de folie ! Mais oui, supportez–moi ! Car je suis jaloux de vous d’une jalousie d’Élohim, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter au Messie comme une vierge pure. Toutefois, de même que le serpent séduisit Ève par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard du Messie. Car, si quelqu’un vient vous prêcher un autre « Jésus » que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre souffle que celui que vous avez reçu, ou une autre bonne nouvelle que celle que vous avez embrassée, vous le supportez fort bien. Or, j’estime que je n’ai été inférieur en rien à ces apôtres par excellence. Si je suis un ignorant sous le rapport du langage, je ne le suis point sous celui de la connaissance, et nous l’avons montré parmi vous à tous égards et en toutes choses. » (2 Co. 11:1-6)

 

Chers amis encore une réflexion pour clore ce commentaire de Shabbat :

 

Paul dit entre les lignes : je vous ai annoncé le Messie, le vrai … Et d’autres viendront vous annoncer un autre « Jésus » … et vous en recevez un autre « souffle » et vous accepterez une autre « bonne nouvelle » (évangile), c'est-à-dire des « déviations » en substituant le faux au vrai, tout en continuant à l’annoncer pour vrai ! C’est ce qui s’appelle une œuvre de faussaire : « faux et usage de faux ».

 

Mais à quels autres types de « Jésus » Paul faisait-il référence ? C’est extraordinaire que Paul ait écrit cela : ne serait-ce pas prophétique ? Pouvons-nous après 2000 ans, réfléchir convenablement à ce que Paul, l’inspiré d’Élohim, nous a laissé par écrit ?

 

Puis il dit : je suis ignorant sous le rapport du langage, c’est à dire des discours habilement conçus et séduisants de rhétorique… Mais je ne suis pas ignorant de la connaissance, car sans la connaissance, la vraie révélation, sachez que vous pouvez vous laisser séduire par les autres « Jésus ».

 

Shabbat Shalom véshavoua tov

 

PAR BLOG KEHILA VU PAR OMADI Samuel le Messager.